Le samedi 10 septembre 2005
Triathlon de saint jean de luz
"Alors ça c’est fait !!!"
Saint Jean de Luz ou le baptême du feu pour un premier moyenne distance - 2,5km de natation, 80km de vélo et 20km de course à pied -. Une chaleur délirante pour la saison avec des 38°C par moment. Un seul objectif en tête : Finir.

"Alors ça c’est fait !!!"
C’est vrai qu’une fois la ligne passée on se sent vidé mais pas que physiquement. Tout le long, et même dans les semaines qui précèdent, on se prépare, on se conditionne : "Jusque là ça va". Mais comment on en arrive là : quelque chose à se prouver ? Ou une quête intérieure ? Ou juste l’amour du sport et de l’effort ?
Plonger au fond du gouffre, Enfer ou Ciel, qu’importe ?
Au fond de l’Inconnu pour trouver du nouveau !
Charles Baudelaire
Tout est la, le stimulus qui pousse à s’infliger un tel défi. Comme tout voyage, il se doit d’être préparé comme il faut pour ne pas subir. Ces quelques mois de préparation guidés par coach Seb me feront prendre confiance, et ne pas trop stresser face à ce qui m’attend.
C’est finalement assez confiant et prêt à soulager cette attente qui devenait interminable que je marche dans les rues de Saint Jean pour rejoindre le départ.

"Alors ça c’est fait !!!"
Et qu’est ce qu’il reste maintenant... Des images par milliers, des paysages mêlés à des sentiments, un cocktail tout nouveau.
Tout d’abord dans l’eau en attendant avec impatience de prendre son inspiration coté rivage pour profiter du panorama de la baie de Saint Jean de Luz, tout en prenant conscience du privilège d’être la, de jouir de cette futilité. Profiter aussi du passage sur la plage à mi-parcours pour constater que je suis dans le tempo alors que j’avais juré de ne pas m’en soucier. Faire le second tour puis en finir avec l’aventure aquatique.

Place au plat de résistance : le voyage dans l’arrière pays s’annonce tumultueux. Certains le craignaient, d’autre le trouvaient trop soft. Je l’ai vu différement, pour la première fois j’ai pris du plaisir à grimper pour ... voir plus loin. Profiter et encore profiter de chaque instant, de chaque sensation pour finalement sortir complètement du concept de compétition pour entrer dans celui du voyage : pas celui du tour operator - malgré le nombres d’excursionnistes - mais plutôt vers le concept du voyage intérieur en plein air !
Les kilomètres défilent, le chrono tourne, jusque là ça va, il faut laisser tout ça derrière, filer dans les descentes - feuler pour certains - , appuyer dans les bosses aussi courtes que violentes avec toujours une nouvelle douceur au sommet.
Tout ça ne pouvait pas durer indéfiniment, et aprés m’être régaler la rétine à chaque instant, il faut redescendre au parc tester son mental.
La T2 - seconde transition chez nous zautres - se passe, bien sobre et efficace, mais la tête est ailleurs. Pendant que le speaker énumère la liste des athlètes préférant en rester là, je pars en trottinant...
Dés la fin du premier kilo je suis attaqués par une série de crampes intercostales, elles ne me lacheront pas. Le voyage s’annonçait long il a été interminable, mais toujours plein d’espoir et de confiance. Dans ces cas là on ne sait pas s’il faut stopper et "bâcher" : pourquoi se faire autant de mal ?
Et puis toutes ces rencontres sur le bord de la route, je ne devais pas avoir l’air frais pour qu’ils me soutiennent tous ainsi. Un rugbyman du BO me renvoi à mes origines rugbystiques en me rappelant que "tout est dans le mental maintenant". Ca tombe bien il ne me reste plus que ça. S’évader du corps, divaguer, penser à autre chose, c’est fuir. Voyager en accéléré se projeter mentalement sur la ligne, s’hydrater, courir encore et encore, reprendre confiance au point d’en déborder.
Un bénévole m’encourage, mais à 12km de l’arrivée je suis déjà sauvé et je lui annonce à sa plus grande surprise que je suis presque arrivé.
En effet, ce n’est qu’une question de temps, les organisateurs et bénévoles ne sont pas avares en encouragements. Une question de temps, en effet : 2h25’ pour 20km, ça peut faire sourire, mais ces 2h25’, sont si intenses, que du gouffre a jaillit du nouveau.
J’ai fait mon voyage, je ferai mieux la prochaine fois, mais sous le règne de la performance le voyage ne pourra être que différent.
"Alors ça c’est fait !!!"
Ma campagne 2005 s’achève ainsi...Vivement 2006 !
Merci à Justin pour sa compagnie et pour les photos ainsi qu’au TCC pour son accueil.